Le conseil municipal du 13 avril a poursuivi l’installation des commissions et des représentations du nouveau mandat. Il a également ouvert le débat sur les orientations budgétaires de la Ville.
Recettes : sur quelles ressources construire le budget ?
Nous avons pris acte de l’amélioration de la capacité d’autofinancement présentée par la majorité, c’est-à-dire des ressources disponibles pour financer les investissements et rembourser la dette. Mais cet indicateur ne suffit pas à apprécier la solidité de toute la trajectoire financière.
Les recettes de fonctionnement étaient prévues à 85,5 millions d’euros en 2026, contre 82,9 millions en 2025. Cette progression reposait notamment sur l’évolution des bases fiscales, les recettes des services et le maintien de recettes exceptionnelles.
Nous avons demandé quelle part de ces prévisions pouvait être considérée comme suffisamment fiable. Le rapport soulignait lui-même l’instabilité des bases de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Quant aux recettes exceptionnelles, elles ne peuvent pas être considérées comme des ressources durablement acquises.
Notre interrogation était donc simple : quelles garanties permettent de construire les engagements des prochaines années sur ces hypothèses ?
Dépenses de fonctionnement : préserver les services et les conditions de travail
La majorité annonçait des dépenses de fonctionnement stabilisées à 64,5 millions d’euros en 2026.
Nous avons interrogé cette prévision au regard du contexte énergétique et des dépenses de personnel. Comment absorber les hausses de cotisations, les évolutions de carrière et les autres charges tout en maintenant la qualité des services ?
Le rapport prévoyait de réexaminer chaque départ à la retraite et chaque renouvellement de contrat. Nous avons demandé quelles seraient les conséquences concrètes de cette orientation pour les agents et les habitants.
Dans sa réponse, l’exécutif a confirmé que les départs ne seraient pas systématiquement remplacés. Ces arbitrages devront être appréciés à partir des missions, de la charge de travail et des besoins des services. Nous resterons attentifs à leurs effets sur l’accueil et l’accompagnement des habitants.
Dette : une hausse encore importante avant la baisse annoncée
La trajectoire présentée prévoyait une dette passant de 123,4 millions d’euros fin 2025 à 154,4 millions en 2026, puis autour de 170 millions en 2027, avant une diminution annoncée.
Nous avons demandé si le scénario reposait bien sur l’absence de nouveaux emprunts d’investissement à partir de 2028, les investissements devant alors être financés par l’autofinancement, les remboursements de TVA et les subventions.
Le maire a répondu par l’affirmative lors de l’échange.
Passeport du civisme : défendre une éducation laïque et pluraliste
À l’occasion de la désignation d’une représentante de la Ville à l’association du Passeport du civisme, nous avons exprimé nos réserves sur ce dispositif.
Notre intervention dépassait la question du financement passé de l’association par le Fonds du bien commun, fondé par Pierre-Édouard Stérin. Elle portait aussi sur les contenus proposés et leur neutralité.
Dans une réponse publiée le 24 février 2026, le ministère de l’Éducation nationale précisait que l’association ne pouvait se prévaloir de son soutien, que son agrément avait été refusé en décembre 2024 et que le Passeport ne s’articulait pas avec les programmes d’enseignement moral et civique. Il relevait également la place insuffisante accordée à la laïcité, à la lutte contre les discriminations, à l’État de droit et au fonctionnement de la justice.
Nous avons demandé à la Ville de prendre ses distances avec ce dispositif et de travailler avec les enseignants, les familles et les associations locales dans un cadre respectueux de la laïcité, du pluralisme et de la liberté pédagogique.
Le maire a défendu les actions proposées aux enfants et maintenu la désignation.

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