Lors du conseil municipal du 27 avril 2026, le collectif RespOnSables est intervenu sur plusieurs sujets essentiels pour l’avenir des Sables d’Olonne : les finances municipales, les investissements, la santé, le foncier, la petite enfance, la sobriété environnementale et la bonne gestion des moyens publics.
Notre ligne est claire : nous soutenons les projets utiles aux habitants, mais nous demandons davantage de lisibilité lorsque les décisions engagent durablement les finances, le patrimoine ou l’organisation de la Ville.
Comptes 2025 : ne pas contester les chiffres, mais ne pas valider toute la gestion
Sur les comptes financiers uniques 2025, nous avons pris acte des résultats présentés et de l’amélioration de certains indicateurs, notamment la capacité d’autofinancement.
Mais le vote du compte financier unique n’est pas seulement un acte comptable. Il constitue aussi une appréciation politique de la gestion passée.
Or, nous conservons des réserves sur plusieurs choix structurants de l’exercice 2025 : le niveau d’investissement, le recours à l’emprunt et la manière dont certaines recettes exceptionnelles ont contribué à améliorer la photographie financière de fin d’année.
Nous n’avons donc pas contesté la régularité des comptes, mais nous n’avons pas souhaité valider politiquement l’ensemble de la gestion 2025. C’est pourquoi nous nous sommes abstenus.
Nous avons en revanche voté pour l’affectation des résultats 2025, dans la continuité comptable des comptes présentés, ainsi que pour le maintien des taux de fiscalité directe en 2026.
Budget 2026 : anticiper le coût réel des équipements après leur inauguration
Sur le budget primitif 2026, nous nous sommes également abstenus.
Lors du débat d’orientation budgétaire, nous avions déjà abordé les recettes, les dépenses de fonctionnement, la masse salariale et la dette. Notre intervention a donc porté sur un autre point : l’après-investissement.
Le budget prévoit un plan d’équipement de 65 millions d’euros, avec plusieurs projets importants : Base de Mer, écoles René-Guy-Cadou, médiathèque, musée de l’Abbaye, Halles, maison de santé, patrimoine et voirie.
Nous ne contestons pas le principe d’investir. Mais un équipement ne s’arrête pas à son inauguration. Il faut ensuite le faire fonctionner : personnel, fluides, maintenance, nettoyage, sécurité, assurances, entretien.
La Base de Mer montre que cette anticipation est possible, puisque le budget annexe de l’Institut Sports Océan identifie déjà des charges nouvelles de personnel d’entretien et de fluides-maintenance.
Dans l’esprit même de l’objectif affiché par la majorité de “faire mieux avec moins”, nous avons proposé que les principaux équipements municipaux soient accompagnés d’une estimation en année pleine de leur coût de fonctionnement : charges attendues, recettes éventuelles, économies de substitution et coût net pour la Ville.
Cette lisibilité permettrait de vérifier que les investissements d’aujourd’hui restent compatibles avec la rigueur de fonctionnement revendiquée pour les années à venir.
Véhicules municipaux : distinguer le “moins polluant” du réellement zéro émission
Sur la mise en réforme et la cession de divers véhicules et matériels de la collectivité, nous nous sommes abstenus.
Notre intervention a porté sur la notion de véhicules plus “propres”. Cette catégorie regroupe en réalité des situations très différentes : électrique, hybride, bioéthanol, GPL ou GNV.
Pour plus de lisibilité, nous avons demandé que la Ville distingue à l’avenir les véhicules réellement zéro émission à l’usage des véhicules simplement moins polluants.
Nous avons également demandé que soit précisée la trajectoire du plan pluriannuel de renouvellement annoncé pour le mandat 2026-2032 : quelle part de véhicules zéro émission ou faiblement émetteurs la Ville souhaite-t-elle atteindre à la fin du mandat ?
Dans un PCAET, il est plus juste de parler de mobilité sobre, décarbonée et faiblement émettrice de polluants atmosphériques que de se limiter à la formule générale de “véhicules propres”.
Maison de santé à la Chaume : un soutien, mais des questions sur le site retenu
Nous avons voté pour le projet de maison de santé pluriprofessionnelle à la Chaume.
L’accès aux soins est un enjeu majeur pour les Sablais. Nous avions d’ailleurs défendu l’idée d’une maison de santé municipale, car nous considérons que la Ville doit prendre toute sa part dans la réponse à la désertification médicale et aux difficultés d’accès aux professionnels de santé.
Mais notre soutien au projet ne nous empêche pas d’interroger certains choix.
La note indique que le site retenu se situe en zone inondable, avec des contraintes liées au PPRL 2100, c’est-à-dire au Plan de Prévention des Risques Littoraux prenant en compte l’aléa de submersion marine à l’horizon 2100.
Dans un contexte où la Ville a récemment fait le choix de s’autoassurer en matière de dommages aux biens, nous avons demandé pourquoi ce site avait été retenu malgré cette contrainte, et si ce choix avait fait l’objet d’une analyse spécifique en matière d’assurabilité et de risque financier.
Soutenir un projet utile n’interdit pas d’en questionner le modèle économique, les contraintes techniques et les conséquences à long terme.
Cyberattaques : assurer, oui , prévenir et coopérer avant tout
Nous avons voté pour la création d’un groupement de commandes pour la conclusion d’un contrat d’assurance contre les cyberattaques.
Les collectivités sont de plus en plus exposées à ces risques, et il est normal de chercher à mieux les couvrir.
Mais nous avons rappelé que l’assurance ne peut pas être la seule réponse. La priorité doit rester la prévention, la formation, la coopération entre collectivités, la sécurisation des systèmes et la capacité à réagir rapidement en cas d’incident.
S’assurer est utile. Se préparer est indispensable.
Politique foncière : quelle cohérence avec la sobriété foncière et le ZAN ?
Sur le bilan de la politique foncière 2025, nous nous sommes abstenus.
Ce bilan montre que la Ville achète, vend ou échange de nombreux terrains et bâtiments. Notre question a porté sur la cohérence de ces opérations avec l’objectif de sobriété foncière, c’est-à-dire la nécessité de limiter l’artificialisation des sols.
Le PLUi de l’Agglomération n’étant pas encore approuvé, ce sont encore les PLU communaux qui s’appliquent. Dans ce contexte, nous avons demandé comment la Ville vérifie que ses acquisitions et cessions vont bien dans le sens du ZAN, le zéro artificialisation nette.
Autrement dit : parmi ces opérations, lesquelles relèvent du recyclage de foncier déjà urbanisé ? Lesquelles permettent de la renaturation ? Et lesquelles risquent au contraire de conduire à la consommation de nouveaux espaces ?
La maîtrise foncière est indispensable, notamment pour le logement abordable. Mais elle doit s’inscrire dans une stratégie lisible, cohérente et compatible avec les objectifs environnementaux.
Logement abordable : un soutien cohérent, mais une vigilance nécessaire
Nous avons voté pour plusieurs délibérations liées au logement abordable, notamment l’avenant à la convention d’action foncière avec l’EPF de la Vendée pour l’opération du Pas Renaud, ainsi que le compte rendu annuel du lotissement du Petit Fief du Puits Rochais.
Nous avons également soutenu la garantie d’emprunt accordée à Vendée Logement pour le parc social public avenue François Mitterrand.
Le logement est l’un des défis majeurs de notre territoire. Les jeunes actifs, les familles, les salariés, les saisonniers et de nombreux habitants permanents rencontrent des difficultés croissantes pour se loger aux Sables d’Olonne.
Nous soutenons donc les projets qui vont dans le sens du logement social et abordable, tout en restant attentifs aux prix de sortie, aux équilibres financiers et à la réalité de l’accès pour les habitants du territoire.
Crèche intergénérationnelle : une question de compétence entre Ville et Agglomération
Nous avons voté pour la demande de subvention auprès de la CAF pour le projet de crèche intergénérationnelle adossée à l’EHPAD Les Cordeliers.
Mais Dominique Suire est intervenue pour demander une clarification juridique et institutionnelle.
La délibération indique que le projet s’inscrit dans le cadre de la loi pour le plein emploi de 2023, qui confère aux communes la compétence d’organisation de l’accueil de la petite enfance. Or cette compétence est transférée à l’Agglomération.
La question posée était donc simple : pourquoi la Ville demande-t-elle, en son nom, une subvention auprès de la CAF alors que l’organisation de l’accueil de la petite enfance relève de l’Agglomération ? Existe-t-il une convention particulière entre l’Agglomération et la Ville sur ce sujet ?
Nous soutenons le projet, mais il est nécessaire que les responsabilités de chaque collectivité soient clairement établies.
Cartes KD’Olonne pour les bacheliers : reconnaître le mérite, mieux tenir compte des situations sociales
Nous avons voté pour l’octroi de cartes KD’Olonne aux lauréats du baccalauréat 2026 ayant obtenu une mention.
Cette attribution est positive : elle récompense les efforts des jeunes et valorise leur réussite.
Nous souhaitons toutefois attirer l’attention sur les différences de situations sociales entre les familles. Tous les jeunes ne disposent pas du même environnement matériel, du même accompagnement ou des mêmes conditions de travail.
C’est pourquoi nous proposons qu’une attention particulière soit portée aux lycéens boursiers, par exemple avec une majoration du montant attribué. Récompenser le mérite est une bonne chose ; reconnaître les efforts accomplis dans des conditions parfois plus difficiles le serait encore davantage.
Notre méthode : soutenir, questionner, alerter
Notre rôle n’est pas de bloquer. Il est d’éclairer les décisions, de défendre une gestion plus responsable et de veiller à ce que chaque euro public soit engagé avec transparence, cohérence et anticipation.
C’est cette exigence que le collectif ResponSables continuera à porter au conseil municipal des Sables d’Olonne.
Céline Tesson
Elue municipale et communautaire
Pour le collectif RespOnSables
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